Huile de ricin en cataplasme : les observations cliniques incroyables du Dr. William A. McGarey

Le Dr. William A. McGarey (1919-2019), médecin de famille américain et fondateur de l’A.R.E. Clinic à Phoenix, a consacré une partie de sa carrière à l’étude clinique des cataplasmes d’huile de ricin. Dans son ouvrage The Oil That Heals, publié en 1967, il rassemble les observations issues d’une longue pratique : il compte alors 46 années d’exercice médical et plus de 38 années d’exploration des propositions d’Edgar Cayce (1877-1945), un médium guérisseur américain.
Alors pour un médecin américain de la fin du 20e siècle, étudier un médium, cela montre une grande ouverture d'esprit, de même que pour cet article, je vous invite à rester ouvert.
Edgar Cayce était un photographe du Kentucky, sans formation médicale, qui donnait des « lectures » allongé, dans un état proche de la transe. Selon McGarey, il en a donné 14 306, dont 9 604 pour des personnes malades, souvent sans les avoir jamais vues. Pour avoir beaucoup lu au sujet de cet homme et notamment ses lectures, je trouve le sujet passionnant.

Au cœur de The Oil That Heals figure une analyse de 81 patients, représentant 101 affections et 52 diagnostics différents. Il s’agit d’une série de cas accompagnée de réflexions physiologiques et de références bibliographiques. Son interrogation est simple : comment expliquer les améliorations qu’il observe après l’application d’huile de ricin sur la peau, parfois dans des situations où les symptômes persistent malgré les soins déjà entrepris ?
Une pratique externe, distincte de la purge
L’huile de ricin évoque souvent un purgatif puissant. Pourtant, McGarey s’intéresse principalement à son utilisation externe, sous forme de tissus imbibés d’huile appliqués sur l’abdomen, les articulations ou une région douloureuse.
L’huile n’est donc généralement pas avalée dans les observations présentées ici. Cette distinction est fondamentale : les résultats rapportés avec les cataplasmes à l'huile de ricin ne peuvent pas être transposés à la prise orale ou aux purges.
Cette pratique lui vient des recommandations d’Edgar Cayce, connu pour ses « lectures » réalisées dans un état de conscience modifié. McGarey adhère à cette dimension spirituelle, qui traverse son ouvrage. Il cherche néanmoins à examiner ce qu’il constate concrètement en consultation : évolution des douleurs, examen clinique, transit, gonflement des tissus et, dans certains dossiers, résultats biologiques.
Ce que révèlent ses chiffres
Sur les 101 affections recensées, McGarey en classe 57 comme traitées par cataplasmes seuls et 44 par cataplasmes associés à d’autres traitements.
Dans le premier groupe, il rapporte :
47 résultats excellents, soit environ 82 % ;
4 résultats bons, soit environ 7 % ;
6 résultats insuffisants, soit environ 11 %.
Dans le groupe des traitements associés, il relève 27 résultats excellents, 3 bons et 14 insuffisants.
Pour lui, un résultat « excellent » correspond à une réponse rapide et complète, avec disparition des signes et symptômes de départ. Un résultat « bon » désigne une amélioration plus lente ou incomplète.
Constipation ancienne : un retour à des selles régulières

Le cas n° 8 concerne un homme de 33 ans souffrant de constipation et de distension abdominale depuis l’enfance. Depuis un mois, ses difficultés se sont accentuées. Il explique que les laxatifs provoquent des crampes sans véritable soulagement.
L’examen retrouve une sensibilité abdominale, surtout dans la partie basse du ventre.
McGarey décrit une prise en charge associant des cataplasmes abdominaux et une alimentation pauvre en graisses, poursuivie pendant sept semaines. À l’issue de cette période, il rapporte trois changements : les selles deviennent régulières, les crampes disparaissent et les douleurs abdominales cessent. L’abdomen n’est plus sensible lors de l’examen. Ce dossier retient l’attention parce qu’il concerne plusieurs dimensions du confort digestif. Il reste toutefois impossible de distinguer la contribution respective des cataplasmes, de l’alimentation et de l’évolution spontanée des symptômes.
Troubles intestinaux et stress : une amélioration suivie d’une rechute
Le cas n° 16 décrit une femme de 51 ans traversant des difficultés conjugales importantes. Elle présente des nausées, des crampes, un ventre distendu et des selles molles contenant beaucoup de mucus. McGarey emploie le diagnostic de « colite muqueuse », une dénomination historique qu’il ne faut pas assimiler automatiquement à une maladie inflammatoire intestinale comme Crohn ou la rectocolite hémorragique.
La patiente suit déjà un régime et prend plusieurs médicaments, notamment des tranquillisants et un antispasmodique. Les cataplasmes sont ajoutés pendant quatre semaines.
Le médecin rapporte alors une diminution des crampes, la disparition du mucus visible et une normalisation progressive des selles. Mais après l’arrêt des applications, une grande partie des symptômes réapparaît.
Il classe donc la réponse comme bonne, sous traitement associé. Cette précision compte : le soulagement observé n’équivaut pas à une résolution durable du trouble.
Une céphalée persistante qui disparaît en deux nuits

Le cas n° 58 concerne un professeur de musique de 39 ans présentant une douleur d’un côté de la tête depuis treize jours, associée à une contracture cervicale.
Les traitements essayés et les manipulations du cou n’ont pas apporté d’amélioration significative. McGarey rapporte l’application de compresses d’huile de ricin sur la nuque et le haut du dos, accompagnées de chaleur. Après deux nuits, la céphalée disparaît. Lors du contrôle au septième jour, la sensibilité constatée initialement a également disparu.
Ce cas illustre l’un des constats récurrents de l’auteur : certaines douleurs accompagnées de tensions musculaires semblent diminuer rapidement.
Gonflement et sensibilité après un traumatisme
Dans le cas n° 7, une adolescente de 13 ans est examinée après une chute ayant provoqué une luxation de la rotule, déjà réduite avant la prise en charge décrite. Aucune fracture n’est retrouvée, mais le genou reste gonflé et très sensible. McGarey diagnostique une bursite traumatique sous-rotulienne. Après cinq jours d’applications locales, il rapporte la disparition du gonflement et de la sensibilité, ainsi que l’absence de symptômes lors du contrôle.
À l’échelle de sa série, il souligne que les catégories des traumatismes et des soins postopératoires comptent parmi celles où les réponses lui paraissent les plus régulièrement favorables : les douze affections regroupées dans ces deux catégories sont classées « excellentes ».
Une amélioration digestive sans effet sur l’hypertension
Le cas n° 41 montre pourquoi il est utile de distinguer les symptômes chez une même personne. Une femme de 72 ans consulte pour des douleurs abdominales, une tension nerveuse importante, des œdèmes des jambes et une hypertension. Elle reçoit plusieurs médicaments, auxquels McGarey ajoute les cataplasmes.
La patiente rapporte un soulagement dès la première application. Elle reprend son travail après trois jours et, au terme de deux semaines, les douleurs et la sensibilité abdominales ont disparu. Sa tension nerveuse s’atténue également.
L’hypertension, en revanche, ne répond pas à la prise en charge. McGarey consigne cette différence. Son livre contient ainsi des échecs, notamment dans certains dossiers d’ulcères digestifs, dont l’un nécessite finalement une opération. C'est pour ça que j'aime son livre, il ne fait pas de prosélytisme aveugle !!!
Lymphe et immunité : les mécanismes qu’il envisage
Pour interpréter ses observations, McGarey s’intéresse aux relations entre circulation lymphatique, système nerveux autonome, digestion et immunité.
Il suppose que les applications puissent favoriser certains échanges et mécanismes de régulation. Il accorde notamment une place aux plaques de Peyer, des structures immunitaires de l’intestin grêle. Ces explications constituent son cadre théorique ; elles ne sont pas démontrées par sa série clinique. Le livre mentionne aussi une recherche préliminaire menée à l’A.R.E. Clinic, rapportant une augmentation statistiquement significative des lymphocytes totaux et d’une population de lymphocytes T chez les participants utilisant les cataplasmes.
Un témoignage clinique qui appelle une recherche plus solide
Ce qui ressort du travail de McGarey, c’est son attention aux changements concrets : une douleur qui diminue, un ventre moins sensible, un transit plus régulier, un gonflement qui se résorbe, mais aussi une amélioration temporaire ou une absence de réponse.
Son approche considère également le repos, les émotions et la relation de soin comme des éléments importants de l’accompagnement.
Son livre documente des observations et propose des hypothèses ; il ne permet pas de transformer les cataplasmes en traitement validé des maladies qu’il décrit.
L’apport de McGarey est d’avoir laissé une matière clinique détaillée. Elle invite à étudier cette pratique avec des méthodes permettant de préciser ce qui relève de l’huile, de la chaleur, du repos et des autres soins reçus.

Article écrit par Adrien Ruet, praticien naturopathe, formateur et fondateur du site.
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