Crohn et guérison totale : l'histoire du mal a dit

Mis à jour : janv 14


Je m'appelle Jeanne, j'ai 25 ans et je suis l'auteure du livre "Diagnostiquée Crohn, changer d'alimentation m'a sauvé la vie. " aux Editions Flammarion.

J'y raconte la manière dont j'ai été touchée de plein fouet par la maladie de Crohn mais surtout comment j'ai réussi à m'en sortir. Autrement. Après l'écriture du livre, j'ai décidé de faire de ma passion mon métier. Car c'est la maladie qui m'a tout appris. Je ne la regrette pas. Cela fait 5 ans que je suis passionnée par l'alimentation saine et naturelle. Aujourd'hui, je mets en place des ateliers, des cours de cuisine, des coaching pour acccompagner les gens vers un changement d'alimentation. Crohn, rectocolique, diabete, spondylarthrite... toutes ces pathologies peuvent être améliorées grâce aux fondamentaux et notamment grâce à une vraie prise de consciense sur le contenu de notre assiette.

  • La prise de contact avec Crohn, symptôme de mon mal a dit

Tout a commencé vers l'âge de 18 ans, je suis une ado joyeuse et vivante qui n'a jamais connu de souci de santé particulier. Seules des somnolences et des fatigues chroniques, (légères) liées sans que je ne le sache à mon mode de vie, venaient me déranger. Je mixe une alimentation plutôt trash à base de sandwich, de sodas, de salades emballées et de gateaux de boulangeries avec des produits plus frais quand mes parents sont derrière moi le week-end. Néanmoins, comme beaucoup d'enfants des années 90, ils sont convaincus que la marque est l'assurance d'avoir de la qualité. Aussi, nous remplissons nos chariots de produits ulra transformés sans le savoir.

Nous ne lisons pas les étiquettes mais plutôt le recto toujours ulra positif. Et puis nous payons le prix, alors c'est forcément bons pour nous. Ado, va s'ajouter à cela pas mal de sorties, des apéros à base de chips et de vodka premier prix. J'enchaîne ce train de vie de mes 16 à mes 18 ans. Je délaisse le sport et la danse pour la fête. Je suis sans le savoir dans un brouillard permanent du matin au soir, mais j'ai l'impression que tout cela est parfaitement normal, que je suis comme ça naturellement. Et puis un jour, le corps lâche, d'un coup. Mes articulations me lançent, je peine à marcher. J'ai des nausées en pleine rue, une poignée de cacahuètes suffit à me faire vomir immédiatement.

  • Ce que pense la médecine moderne vs la réalité

Une chape de fatigue me tombe dessus. Je suis épuisée et personne ne comprend d'ou cela vient. Après 6 mois d'errance, on finit par me faire passer des examens plus poussés dont une fibroscopie ainsi qu'une coloscopie. Celle-ci révèle une maladie de Crohn.

On me parle d'une maladie dont l'origine est inconnue, qui évolue par poussées sans que l'on ne puisse vraiment la guérir. On me dit qu'on va juste pouvoir la maîtriser par des traitements médicaux. Je demande timidement si cela peut être lié au contenu de mon assiette, à mon mode de vie. On me répond que non, qu'il faut simplement retirer légumes et fruits en poussée. Je suis deux ans de traitements de type cortisone, immurel, pentasa. Nous arrivons à contrôler la maladie mais dans le fond, je suis toujours aussi mal. J'ai des soucis de peau de plus en plus présents, un épuisement global.

Mon corps essaie de me parler mais je ne l'écoute pas. Nous sommes en conflits. Je suis suivie par une gastro entérologue, à l'hôpital Mont Souris, très douce, qui m'accompagne comme je peux mais je comprends peu à peu que je dois me responsabiliser, devenir actrice de ma santé. Je suis mal à l'aise dans les services gastro où je me retrouve face à des distributeurs de sodas et de bonbons. J'ai depuis le début la conviction que tout mon mode de vie est à repenser. Et un jour je décide de m'y mettre pour de bon. Je fais une pause dans mes traitements en restant suivie par ma gastro.


Je fais alors mes adieux à tous les produits transformés, à l'acool, au sucre, aux farines modifiées, à la viande industrielle, bref à l'industrie agro alimentaire. Je décide alors de retouner à une alimentation 100 % naturelle qui respecte la terre et les saisons. Fini les fraises en Janvier .... Je commence doucement par des soupes et des compotes, j'introduis peu à peu des légumes cuits. Je me sers des jus de légumes, des épices telles que le gingembre et le curcuma. J'introduis le jeûne car mon corps en a grand besoin. Je suis à l'époque une cruche percée qui a besoin de cicatriser en douceur. Je me rends compte que ce ne sont pas les légumes et les fibres qui posent problèmes mais plutôt le trio pain pâtes pizza omniprésent dans mon alimentation de l'époque. J'apprends à me lever tôt, à me coucher tôt, à respecter mon sommeil. Je me remets à la danse et je comprends que l'activité physique me recharge en énergie plutôt que le contraire. Je prends soin de moi et de mon corps dans sa globalité. Au fil des mois, mon énergie revient, ma fatigue disparaît, mes symtômes avec ... Je sens l'inflammation quitter mon corps, ma peau rayonner. Je comprends que tout est lié. Je deviens à 20 ans passionnée par la nutrition, je lis, j'écoute, j'échange avec de nombreux naturopathes mais également des médecins et des professeurs qui m'apportent de nouvelles clés chaque jours. En Février 2017 après 5 ans de ce mode de vie, on s'aperçoit que mes examens sont excellents. Toute ma muqueuse intestinale a cicatrisé. Le corps médical et moi même sommes aux anges.

  • Pourquoi écrire un livre ?

En tombant malade ou plutôt, quelque temps plus tard, j'ai développé un sentiment de révolte face à l'uniformisation des produits. Comme si bien manger n'était plus un droit mais un privilège/un luxe de plus en plus difficile à atteindre. Il faut se battre pour avoir de la qualité, du choix, du goût. Et je pense avec effroi aux générations à venir, à mes futurs enfants, petits enfants ? Quelle alimentation vont t'ils avoir sur des territoires de plus en plus pollués ? L'alimentation et ses modes de production sont vecteurs de maladies et cancérigènes, alors qu'elle devrait apporter protection et bien être. J'en veux à tous ces géants de nous empoisonner sans pitié.


Nous ne sommes pas qu'un colon, un sigmoide, une ulcération. Maintenant que j'ai soigné mes maux seule, je veux partager avec vous mon combat, mes convictions qui peut être vous semblent mensongères, tirés par les cheveux et or rapport avec Crohn. Ma vérité/ma vision des choses peut vous effrayer mais elle est née d'une expérience concrète sur mon propre corps, mon tube digestif. J'ai été ma propre souris de laboratoire pendant des mois et j'ai plus appris sur moi pendant cette phase de rééquilibrage que pendant toutes les années qui ont précédées. Comme beaucoup, je contractais en moyenne une grippe et une gastro par an, 2 à 6 gros rhume par hiver et 1 à 2 semaines de mal de gorge par trimestre. Je savais que j'allais passer au moins une fois entre Décembre et Mars par un sale épisode de fièvre, de courbatures, de vomissements et de diarrhées. 5 jours au lit sous antibio sans pouvoir bouger. C'était l'histoire de quelques moments difficiles bien loin de ce que Crohn allait me faire vivre ensuite. Je considérais ces passages à plat tout à fait normaux presque obligatoires. Sauf que je n'ai pas eu de grippe, de gastro ou de rhume depuis bientôt 6 ans. Je ne sais plus ce que c'est d'avoir la goutte au nez, la gorge en feu, la douleur quand on déglutit. Je ne sais plus non plus ce que c'est que de me shooter au Dolirhume, à l'Advil ou au Fervex. Je n'ai pas pris de médicaments depuis des années. Je n'ai même pas pris conscience de ne plus aller en pharmacie dès que quelque chose n'allait pas. Cela s'est fait complètement naturellement, l'alimentation est réellement devenue mon bouclier, mon allié bien être. Je me sens en meilleure santé aujourd'hui qu'avant même la maladie. Les plantes, les épices, les jus pressés à froid, les légumes, les fruits etc sont là pour prévenir mes baisses de régimes. Paradoxalement je préviens la maladie avec l'alimentation avant qu'elle n'arrive tandis que les comprimés que j'avalais "agissaient" toujours après que le mal ne soit installé. Je m'égare un peu sur les affections qui ne concernent pas directement nos colons malmenés mais si j'en parle c'est parce que j'ai compris qu'il s'agisse d'un rhume d'une bronchite ou d'une gastro, on parle toujours d'inflammation. Ex bronchite = inflammation des bronches / Crohn = inflammation de la muqueuse intestinale. Cette inflammation qui nous ronge est, j'ai l'impression, à l'origine de toutes nos souffrances...

  • Le tabou autour de la guérison du Crohn :

Bien sûr, on me pose toujours cette question fatidique : Mais du coup Est-ce que si tu re manges normalement tu as re mal ? Tu es re malade ? C'est une question à laquelle il est difficile de répondre parce que celle-ci n'est pas bien comprise par mon entourage. Ce que mes amis appellent re manger normalement, avoir un mode de vie normal/comme tout le monde, ça veut dire re manger des pizzas surgelés, des chips, du surimi, des sodas, du gras, du sucre etc etc. Sauf que pour moi ce qui était normal ne l'est plus.

Croyez-moi, quand on rentre dans un cercle vertueux on ne peut plus jamais en sortir. Et le corps est une machine extraordinaire qui ne voudra lui non plus faire marche arrière. Ou alors il vous le fera payer cher... Maintenant nettoyée le moindre bout de Twix me donne de la tachycardie, un endormissement et des maux de têtes quasi instantanée. De quoi me couper de toute tentation. Sans compter le fait que j'ai l'impression de croquer dans 200 sucres en même temps. Une barre suffit à m'écoeurer alors que je pouvais en manger trois entiers sans problème. Cette nourriture ne m'attire plus, ne me fais plus envie. J'équilibre sans cesse, j'écoute mon corps, ses signaux. Qu'est-ce qu'il me dit aujourd'hui, Est-ce qu'il est fatigué ou au contraire plein d'énergie. Je suis comme une jauge de batterie que je recharge avec les bons aliments, la bonne séance de sport, la nuit complète de sommeil etc... Trouver un équilibre entre mon mode de vie ultra healthy et mon tempérament clairement fêtard a été extrêmement compliqué. Il m'arrive encore d'en souffrir aujourd'hui même si j'ai retrouvé la joie de vivre de mes débuts.


Article écrit par Jeanne, auteure du livre "Diagnostiquée Crohn, changer d'alimentation m'a sauvé la vie." aux Editions Flammarion, hygiéniste nouvelle génération et coach pour vous accompagner vers un changement d'alimentation, animatrice de cours de cuisine et d'ateliers et rédactrice chez JusteNaturo...

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