Grippe et rhume de l'hiver : soulager les symptômes par la naturopathie

Mis à jour : mai 9


La crise aigüe : la vision de la naturopathie


En Naturopathie, nous voyons la grippe, ou les rhumes de l'hiver, comme étant la conséquence de différents facteurs :


  • le corps possède assez d'énergie pour permettre une élimination de manière centrifuge, c'est à dire des profondeurs de l'organisme vers l'extérieur, des liquides les plus profonds aux liquides périphériques.

  • cette élimination est possible grâce à la bonne marche de nos organes émonctoires (organes d'élimination) que sont le foie (chef d'orchestre de l'organisme), les reins, les poumons et la peau.

  • si le corps choisi de laisser proliférer en son sein virus ou bactéries, c'est qu'il y'a matière à nettoyer : ce sont les déchets accumulés et non éliminés normalement par l'organisme qui proviennent de notre métabolisme cellulaire ou digestif et des pollutions extérieures venant polluer notre corps (résidus de pesticides, toxines provenant d'aliments mal digérés, nanoparticules, cigarettes...)


Ainsi, nous ne voyons pas la maladie aigüe comme un élément extérieur venant agresser le corps et le rendre "malade". Mais plutôt comme le symptôme de "mauvaises" habitudes dans notre hygiène de vie (alimentation inadaptée et industrielle, stress non géré, fatigue, pollutions...) venant "encrasser" le corps, c'est à dire créant, ou apportant, des déchets qui viennent polluer et perturber l'équilibre de nos liquides (les humeurs d'Hippocrate).

À mon sens, nous ne devrions pas dire que nous tombons malades, comme si c'était le hasard, mais plutôt que nous devenons malades, à force d'une hygiène de vie déconnectée des réels besoins du corps, sans réflexion aucune sur l'impact que notre alimentation, notre niveau de stress ou encore notre sédentarité, peuvent avoir... sur notre santé. 


D'ailleurs, Pasteur reconnaissait les propos du docteur, médecin et physiologiste français père de la médecine expérimentale, Claude Bernard qui disait :


"le germe n'est rien, le terrain est tout"

Autrement dit, nous avons en nous tous les germes de la maladie et il faut comprendre pourquoi à un moment donné notre organisme accepte de laisser proliférer tel virus ou bactérie. Fait-il cela pour le fun ou cherche-t-il à se nettoyer ?


Pourquoi les symptômes ?

Le symptôme n'est qu'une conséquence d'un organisme qui cherche à se nettoyer. Alors oui, ce n'est pas agréable mais c'est la suite logique d'un corps qui élimine :


  • La fièvre : sert à chauffer la température du corps pour fondre les sels, acides et cristaux, accumulés.

  • Les glaires : sont la résultante d'une production de mucus voulue par l'organisme pour emprisonner et éliminer les germes infectieux ou les résidus colloïdaux (amidon, farine et sucre, raffinés...) issus de notre alimentation.

  • L'inflammation : est symptôme d'une sur-vascularisation d'un territoire irrité par un grand nombre de déchets mis en mouvement ou accumulés.

  • La fatigue : est la résultante de ce profond travail de l'organisme qui puise dans son énergie.

  • Le manque d'appétit : est souvent en lien avec une grande activité du foie dans son travail d'épuration, ou tout simplement lié à la fièvre qui inhibe les premiers cofacteurs à la digestion (baisse de la sécrétion d'acide chlorhydrique dans l'estomac en premier lieu).


Quelles stratégies mettre en place pour soulager et accompagner l'organisme au mieux dans cette période d'élimination ?


Je vais lister quelques conseils de base en hygiène de vie, et qui ne vont avoir qu'un seul objectif : économiser de l'énergie afin de permettre à l'organisme de charrier au maximum, et avec le maximum d'efficacité, les déchets en dehors du corps.

Ici, je ne proposerai rien d'anti-symptomatique, car le but n'est pas de bloquer l'élimination, même si cela n'est pas agréable, mais bien d'accompagner le corps dans sa recherche de santé en éliminant ses déchets accumulés.



  • Dormir : C'est la première chose à faire, se reposer, relaxer, se détendre, chez soi, au chaud, et en prime avec une bouillotte sur le foie. Plus on prend le temps, sans s'activer, et plus nous évitons les déperditions d'énergie dont le corps a besoin dans son travail d'élimination.

  • Moins manger et favoriser une alimentation végétale : Souvent, quand nous sommes malades, nous n'avons pas faim, et penser qu'il faut manger bien lourd et bien riche pour avoir de l'énergie est un non sens, car justement l'organisme a besoin de toute son énergie. Une digestion hasardeuse ne ferait que baisser l'énergie. C'est souvent pour cela d'ailleurs que la faim ne vient pas quand nous sommes fiévreux, malades ou épuisés. Mon conseil serait tout simplement de limiter les doses et surtout de manger vivant. Une nourriture riche en éléments importants tels les vitamines, enzymes et minéraux, qui de base ne demande pas de longs temps de digestion, comme les fruits ou les légumes frais en salade ou smoothie. Le top serait de consommer des jus de légumes faits maison ou bien alors, si nous avons froids, de consommer une bonne soupe, uniquement à base de légume. On évitera les produits transformés comme les pâtes ou le pain, les sucres raffinés et les produits laitiers et carnés. Ils ne feraient que rajouter de la fatigue par leur longue dégradation et potentiellement, si la digestion est faible. On ne mangera pas si la faim ne vient pas. C'est du bon sens, mais dans une société coupée de ses ressentis, il est parfois compliqué d'expliquer le b.a.-ba en terme d'évidences... Je conseille fortement de sauter la case purée-jambon pour les enfants :) !

  • Bouger à l'air frais : Même 30 minutes par jour ! Marcher est important pour faire circuler nos liquides (je pense à notre plus grand réseau liquidien, la lymphe, qui ne bouge pas si on ne bouge pas), bouger nos muscles, activer notre respiration, masser notre sphère digestive. Et bouger dehors, dans la nature ou dans un parc, c'est le top car nous mettons notre corps au contact d'éléments naturellement ressourçants. L'énergie de la nature est revigorante, saine, bienveillante et surtout revitalisante... La nature est un pilier de la santé et notre environnement de vie joue un grand rôle dans notre immunité.

  • User des huiles essentielles en diffusion : Certaines huiles peuvent avoir une action interessante en interne, comme la menthe poivrée contre la nausée. On lape deux goutes et on laisse agir. Mais plus globalement, en diffusion, les huiles essentielles toniques (comme l'orange) vont venir charger l'air ambiant et favoriser la guérison en agissant sur l'atmosphère de la chambre.

  • Faire un lavement : Va venir balayer les tissus du colon et emporter avec lui les résidus non éliminés dans la lumière digestive. Il soulage, détend et aide, l'organisme dans son travail d'élimination. Il fait partie intégrante des stratégies utilisées dans les grandes traditions thérapeutiques (médecine chinoise, ayurvédique, essenienne ou égyptienne). En France, nos grands-mères l'utilisaient encore ! En fait, il est intéressant de le pratiquer pour répondre aux états de constipation. Quand on est "malade", nous avons moins d'énergie consacrée aux digestions et il n'y a rien d'étonnant à voir les restes alimentaires mal digérées et transformés générer, dans le gros intestin, une flore intestinale pathogène. Elle fera le lit aux parasites, microbes, candida, mycoses et autres réjouissance. Donc un lavement bien pratiqué sera tout indiqué. On a pour coutume de dire qu'on gagne du temps dans la guérison des symptômes si nous pratiquons un lavement au début de leurs manifestations.

  • Éviter les excitants : Que cela soit la cigarette, l'alcool, les sucres blancs... Mais aussi le chocolat ou le café, il vaut mieux les éviter, afin de favoriser une guérison totale et plus rapide, car ils sont tous impactants pour l'organisme. Le chocolat et le café peuvent être réconfortants, je le sais, mais ils possèdent des alcaloïdes qui demandent à l'organisme un certain travail d'élimination, et donc pompent de l'énergie dont le corps a besoin. Pour continuer sur le chocolat, car je sais que je vais faire des déçus, et pour répondre aux éventuelles contre-affirmations :


1/ Il n'est pas si riche que cela en antioxydants.
On me dit souvent : "mais si voyons, il est riche en flavonoïdes". Ce qui est vrai pour le cacao brut, mais ne l'est clairement pas pour le chocolat que nous achetons à la supérette qui a été profondément transformé et raffiné. En fait, ce chocolat-, comme tous les aliments raffinés, a été vidé de ses précieux antioxydants au cours du processus de fabrication. 
 
2/ Le chocolat contient également de l'histamine
Produit naturel que notre organisme sécrète et qui est bénéfique pour le corps à dose normale, mais qui devient tout de suite plus enquiquinant, quand il est consommé dans des produits qui en possèdent des taux très élevés, comme le chocolat. L'histamine consommée en grande dose prédispose notamment aux allergies. 

Article écrit par Adrien Ruet, naturopathe et fondateur du site.


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