Histoire de guérison racontée par un moine bouddhiste !

Mis à jour : oct. 12


“La simplicité est mon défi.» Frère Promesse

Salut Paul, tu es un jeune moine bouddhiste français vivant aux États-unis. Pour les lecteurs de JusteNaturo, pourrais-tu nous décrire ton parcours ?


Bonjour Adrien ! Je suis né et j'ai grandi en région parisienne. J'ai eu une adolescence difficile : le divorce de mes parents, une relation tumultueuse avec ma petite-amie de l'époque, le lycée qui m'ennuyait au plus au point, et par dessus tout, un profond manque de sens dans ma vie. Je m'évadais à travers mes passions pour la peinture, l'infographie, la poésie, le jeu d'échecs et la programmation web. J'ai toujours été très curieux, mais jamais intéressé par ce que la société me proposait !

Avec le recul, je dirai que je souffrais, comme beaucoup de jeunes d'aujourdhui je pense, de "frustration spirituelle".


À cette époque, ma mère avait déjà commencé à méditer, sans trop en parler à la maison... Jusqu'au jour où ma soeur lui fit la remarque : "Maman, tu sembles beaucoup plus heureuse. Qu'est-ce que tu fais ?" Quelques semaines plus tard, ma mère nous invita, mon frère, ma sœur et moi, à une conférence du maître zen vietnamien Thich Nhat Hanh, à Paris. La justesse de ses enseignements, mais aussi et surtout l'énergie de paix et d'amour qu'il dégageait, m'impressionnèrent fortement.

À 18 ans, je suivis ma sœur dans une retraite pour jeunes au Village des Pruniers, le monastère et centre de pratique fondé par Thich Nhat Hanh, en Dordogne. Je m'initiai aux pratiques de pleine conscience, de gestion des émotions (j'en avais tellement besoin !) et du mieux vivre ensemble.

En les moines et moniales, j'ai vu des gens heureux et profondément humains. Ils menaient une vie simple, proche de la nature, et pratiquaient une spiritualité terre-à-terre, non dogmatique, et au service des autres. Et surtout... ils savaient s'amuser ! À la fin de cette semaine, je ne voulais plus décoller. Je souhaitais rester, me faire moine, et tout le tralala. Mais à l'époque, j'avais des soucis dans ma relation avec mon père, et ne souhaitais pas que cette décision soit vue comme une fuite. Une partie de moi souhaitait aussi réfléchir un peu plus avant de m'engager !

C'est donc à contre-cœur que je suis rentré «chez moi». Je me suis réconcilié avec mon père, malgré mon refus de souscrire à notre modèle de société, qui lui fût difficile à comprendre. Ma plus grande peur, à l'époque, était de poursuivre des études par simple pression sociale, mener une carrière qui ne m'intéressait pas, et vivre une vie pleine de regrets. Pendant cette année donc, je ne fis que des choses qui me passionnaient : étudier le jeu d'échecs, participer à des tournois et pratiquer l'aïkido. Mais tous les jours, je pensais au monastère, et plus j'y pensais, plus la vie monastique m'attirait.


En novembre 2008, à l'âge de 19 ans, je revins enfin au Village, et me fis ordonner quelques mois plus tard. Je reçu le nom monastique Pháp Thệ.


Pháp signifie la nature, la vérité, ou les enseignements du Bouddha. C'est ainsi que commencent la plupart des noms de frères de la tradition du Village des Pruniers. Thệ signifie promesse. Pour faire simple, mes amis m'appellent Frère Promesse. Je pense qu'il convient d'expliquer ici que la communauté à laquelle j'appartiens est une communauté internationale, à prédominance vietnamienne, et que nous avons plusieurs centres à travers le monde. En 2011, je partis donc vivre dans un de nos monastères sœur, situé en Thaïlande.

C'est en Thailande que commencèrent tes ennuis de santé. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

En 2012 je suis tombé très malade. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais je crois que le climat, la nourriture et l'excès de sport, y ont été pour quelque chose. Je passais la plupart de mon temps à dormir. J'étais si épuisé que même marcher m'était devenu presque impossible. Je pouvais entendre mon cœur battre, si lourd, si lent... Et je me demandais parfois si j'allais pouvoir survivre. Je transpirais. J'avais toujours très froid, même emmitouflé dans mon gros manteau... Pourtant, le soleil thaïlandais tapait toujours aussi fort. Les frères s'inquiétaient.

À l'hôpital, personne ne savait ce que j'avais et leurs médicaments ne marchaient pas. J'ai reçu des traitements d'acupuncture. Ils soulageaient mes symptômes, certes, mais seulement temporairement. J'ai reçu plusieurs autres traitements, sans succès, et je perdais espoir. Cela faisait déjà un mois que j'étais cloué au lit.


Lorsqu'on me parla d'un docteur qui enseignait des techniques d'auto-guérison naturelles, c'est sans grand enthousiasme que je tendis l'oreille. J'essayai quand même deux des techniques qu'il proposait : les jus verts et les lavements coloniques. À mon agréable surprise, je me sentais déjà un peu mieux. Ce docteur, Jaiphet Klajon (amicalement surnommé «Docteur Vert» !), s'apprêtait à donner un séminaire, et un ami proposa de m'emmener.


(photo prise par la naturopathe Sarah Juhasz du blog PimpMeGreen).

Le Dr. Klajon avait reçu une éducation médicale occidentale, mais ce qu'il avait appris ne lui permettait pas de soigner la plupart de ses patients. Lui même ayant des soucis de santé, il chercha des solutions dans les médecines traditionnelles thaïlandaise, chinoise et indienne, avant de se focaliser sur l'auto-guérison. Son centre était plein à craquer. Il faut dire que l'hébergement et la nourriture étaient offerts, le centre étant financé uniquement par des dons.

La devise du Docteur Vert, qu'il n'hésitait pas à nous rappeler régulièrement, était : « Le meilleur docteur au monde pour vous... c'est vous ! »


En parlant de son centre, il disait « Ce n'est pas un hôpital, mais un centre d'apprentissage. » Effectivement, on n'y trouvait aucun appareil compliqué, et on ne cherchait pas à nous diagnostiquer. En réalité, personne n'était là pour nous soigner !

Le Dr. Klajon et son équipe de volontaires étaient simplement là pour nous inviter à essayer des techniques naturelles d'auto-guérison :


- Une alimentation végétale et naturelle et les jus verts.

- L'urinothérapie.

- Gua-sha (une technique de massage asiatique, effectuée généralement avec une cuillère en bois).

- Les lavements coloniques.

- Les bains de pieds et des mains.

- Les masques d'argile et/ou de poudre de charbon.

- L'exercice : marche rapide, acupression, yoga, pranayama.

- La pratique bouddhiste : méditation, mode de vie compassionné.

- Gérer son énergie : savoir quand être actif et quand se reposer.

Dès mon arrivée, j'appliquai ces techniques d'auto-guérison du mieux que je puisse. Résultat : au bout du premier jour, je me sentais déjà mieux. Le deuxième jour, je retrouvai mon état de santé normal, et le troisième jour... J'ai pu rejoindre le travail communautaire dans la rizière !

Quelle expérience de vie, je suis fan ! Qui pourrait dire dans un occident gouverné par la médecine anti-symptomatique : "Je me suis soigné moi-même par des techniques ancestrales et naturelles ?" Trop peu à mon goût j'imagine ...

Mon expérience n'avait rien d'unique. Un moine thaïlandais qui dormait dans une hutte voisine m'apprit qu'il avait guéri son diabète et perdu son excès de poids grâce aux techniques du Dr. Klajon. Depuis, il partageait ces techniques avec ses amis, et se rendait au centre régulièrement pour faire de courtes cures. D'autres participants partageaient leurs témoignages d'auto-guérison, y compris de maladies graves et chroniques.


Comme tu peux l'imaginer, tous ces évènements me marquèrent profondément. Avant cela, je ne me rendais pas compte du degré de souffrance que la maladie pouvait engendrer. À la douleur physique s'ajoutent la solitude de l'expérience, la honte de ne plus être « fonctionnel », et, au moins tout aussi terrible, le sentiment d'impuissance. À côté de cela, je fus frappé de découvrir qu'il existait des méthodes aussi simples, naturelles et efficaces pour prendre soin de soi... comment était-ce possible que je n'en avais pas entendu parler avant ?


Thich Nhat Hanh m'avait ouvert les yeux sur la guérison spirituelle et émotionnelle, et le Dr. Klajon sur la guérison physique. Je sentais que j'avais bien des choses à apprendre sur ces sujets si importants. Je me promis de continuer d'étudier les méthodes du Dr. Klajon et l'auto-guérison en générale. Je voulais prendre soin de ma santé plus sérieusement. Je ne voulais plus être un poids pour les autres, ni une source d'inquiétude. Je me disais même qu'un jour, je pourrai partager ces méthodes avec mes amis.

En rentrant au monastère, tu as donc continué à apprendre et à pratiquer les techniques du Dr. Klajon ?

Oui ! Seulement, je me suis vite heurté à plusieurs problèmes. Le premier, c'est que vivant dans une communauté, j'avais très peu de choix concernant l'alimentation. Le deuxième, c'est que certaines techniques du Dr. Klajon nécessitent des outils : une cuillère en bois et de l'huile pour le gua-sha, une poche spéciale pour les lavements, de l'argile pour les cataplasmes, et des bassines pour les bains de pieds et mains. Même si ces outils sont accessibles financièrement, je n'appréciais pas beaucoup de me les trimballer dans les différents monastères ou centres de méditation dans lesquels je me rendais régulièrement. Le troisième problème était la longueur et la complexité des exercices physiques qu'il proposait. La première série durait 1 heure, et la seconde 2. C'était bien trop pour le moine paresseux que j'étais !

Avec tout le respect que je lui dois, je commençais donc à m'intéresser à d'autres modalités. Peut-être existait-il quelque chose de plus simple, et de plus efficace ?

Je passais la plupart de mon temps libre à étudier la médecine traditionnelle chinoise, le trajet des méridiens principaux, les points importants et leur fonction. Je m'essayai à l'acupression, l'acupuncture (sur moi-même, bien sûr !), hijama (ventouses), et la moxibustion. J'ai pratiqué beaucoup d'exercices de santé, comme les 5 yogas tibétains, le yi jin jing, et la méthode zi jiu. J'ai pratiqué le reiki (niveau 2). J'ai également pratiqué quelques exercices de pranayama, et des méthodes de « cultivation interne » (nei gong) comme la respiration yin-yang du Dr Bui Quoc Chau. Je me suis essayé brièvement à la réflexologie faciale, du même docteur. J'ai découvert les méthodes paida lajin (se frapper et s'étirer) qui m'ont particulièrement impressionné par leur efficacité. J'ai essayé, sur différentes périodes, de manger 3 repas par jour, 2 repas par jour, et 1 repas par jour.

J'ai fait beaucoup d'erreurs... Mais j'apprends ! La pratique de la pleine conscience m'aide à observer les effets qu'ont toutes ces modalités sur mon corps. J'étudie, j'essaie, et j'observe. J'étudie, j'essaie, et j'observe. Puis, je compare les modalités entre elles, pour ne garder que les meilleures. Et quand une technique me plait, je ne m'arrête pas là, mais j'essaie de la comprendre, de l'améliorer, de la simplifier.


En 2013, je rentrai en France et continuai mes recherches. J'ai tenté la monodiète de 10 jours au riz complet, sésame et sel, de Georges Osawa. J'ai pratiqué plusieurs types de jeûnes, comme le jeûne à l'eau, à amaroli, aux jus de fruits, et à la limonade (master cleanse). J'ai découvert le ping shuai gong, un exercice de balancement des bras très efficace. J'essayais différentes sortes de compléments alimentaires et « superaliments ». J'explorais l'argent colloïdal et la méthode huile-bouche (oil pulling).


En 2015, je suis parti vivre dans un monastère sœur, aux Etats-Unis. C'est ici que j'ai découvert la méthode Wim Hof, ainsi que les travaux d'Ann Wigmore sur l'alimentation vivante, qui me fascinèrent rapidement. Comme je t'ai dis, mon cadre de vie ne me permets pas de toujours choisir ce que je mange. Je reçois, comme tous les frères, 40 euros (50 dollars) d'argent de poche par mois, une somme certes non négligeable mais ne permettant pas non plus bien des folies ! Mais la simplicité est mon défi et je trouve des solutions : je prépare mes graines germées dans ma chambre, et les mets dans mon bol avant de me rendre dans la salle à manger. Quand la cuisine est vide, je m'y faufile pour me préparer un jus vert ! Et avec l'argent que j'ai, je peux m'acheter du moringa en poudre, par exemple.


Je continue d'étudier la santé, peu importe que l'information soit ancienne ou récente, et peu importe son origine. Je cherche simplement ce qui marche. J'essaie toujours de nouvelles techniques, mais avec le temps, je vois bien que seulement certaines demeurent. Ce sont les méthodes simples et efficaces, qui ne nécessitent pas beaucoup de temps, aucun outil, et qui aident l'ensemble du corps. Ce sont les méthodes qui m'ont servi et continuent de me servir, année après année.

Article écrit par Frère Promesse, moine bouddhiste.

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