Le voyage comme voie de guérison

Mis à jour : janv 15



Voyageuse sur les routes de la terre et sur mes chemins intérieurs, j'ai longtemps été une nomade attirée magnétiquement par les grands espaces et les cultures primitives qui ont tant à nous enseigner sur ce qui nous manque dans notre conditionnement occidental : la vie ! 


Après une existence très rangée, par dépit et dépitée, j'ai senti l'étouffement physique et intérieur. Cette vie sans Vie, sans Vivant... Pourtant, je pensais avoir ce dont j'avais besoin pour être heureuse. Les années passèrent ainsi, sentant mon énergie s'essouffler et mon corps physique, ma santé, s'en aller de cette vie sans vie.


C'est alors que je me suis retrouvée à un carrefour. Soit je continuais à me laisser mourir à petit feu, avec la déprime, les symptômes physiques assez violents, l'acceptation d'un couple qui ne me nourrissait pas et d'un environnement toxique. Soit je décidais de sortir de ma torpeur pour tendre vers ce qui m'anime, me fait me sentir vivante, en joie et pugnace d'aventure, ce qui impliquait de faire des deuils, de quitter quelqu'un pour me retrouver, transformer radicalement des relations, accepter de voir les situations avec plus de hauteur et d'Amour... Bref sortir de mon confort et de mes peurs arrangées pour me découvrir à la découverte du monde. 


Et, c'est là que la magie opère puisqu'en me centrant sur qui Je Suis, tout autour s'est mis au diapason, en harmonie, mon monde rangé explosa au chaos apparent de ma vérité intérieure. Quand ta vie part en cacahuète, c'est que tu en es surement à l'apéro. C'est que l'âme, carencée, a sacrément faim et que la Vie te donne l'opportunité de faire d'autres choix, en conscience, basés sur tes valeurs et non plus sur tes peurs. C'est juste que les choses s'ajustent dans la matière.


Se donner ce dont on a besoin n'est pas égoïste, c'est de l'Amour pour soi. C'était en gros le message qui m'était transmis. Si nous sommes sur Terre pour apprendre à aimer, ne fallait-il pas commencer par soi ?

Au fil de mes voyages, j'ai appris que guérir, c'est se permettre de recevoir ce dont on a besoin.



Se permettre. S'autoriser à. Se donner la permission de vivre d'autres expériences que celles dont on a l'habitude. Celles qui vont au-delà du circuit fermé, au-delà des sens interdits, au-delà des schémas qui conditionnent.


Recevoir, parce que la Vie t'offre ce dont tu as besoin, comme un buffet à volonté gratuit et qu'il suffit d'accepter l'invitation.

Si j'avais lu cette phrase il y a quelques années, je ne l'aurais pas comprise, pensant que ce n'est pas si simple parce que l'on a tous vécu des situations plus ou moins dramatiques où on pense ne pas avoir le choix. Et pourtant, regarde Etty Hillesum qui est en camp de concentration, condamnée à mort et qui décide de mourir en chantant. Regarde, cette femme sans argent qui décide de quitter ce mari manipulateur qui la menace. Regarde toi qui as guéri en t'écoutant, toi qui vis une relation saine en ayant pris la décision de choisir ton partenaire avec conscience, autrement qu'avec tes émotions, coup de coeur et de sang.



J'étais la première à dire ce n'est pas possible, conditionnée par une éducation particulièrement toxique. Et la Vie m'a, comme par hasard, menée sur des chemins où j'ai appris que c'est possible, en acceptant simplement d'aller sur des sentiers intérieurs encore vierges, inempruntés jusqu'alors. Ils étaient là, buffets à volonté et gratuits je te dis ! Il suffisait de vouloir les regarder, les envisager et avoir le courage de les investir.


Bien sûr, la peur empêche toute bifurquation. Qu'elle soit intérieure via des changements de paradigme : "je ne sais pas comment faire","j'ai peur", "je préfère cette ambiance rassurante que je connais mais qui pourtant, au fond ne me nourrit pas". Qu'elles soit extérieure via les voyages : "j'ai peur de tomber malade dans ce pays que je ne connais pas", "et si je galère à trouver un toit là-bas"," oh moi, j'ai besoin de mon confort et mes repères par-ce que je ne suis pas en bonne santé ou parce que j'ai des enfants en bas âge" ou parce que "je n'ai pas assez d'argent"... Durant mes voyages, si vous saviez le nombre de familles qui voyageaient sans avoir de salaire qui tombe à la fin du mois ! Prêt de maison, WWOOfing, services rendus, gardiennage de maison, vie frugale mais heureuse en camion, il y a autant de possibilités que l'on peut imaginer qui se trouvent souvent hors de portée de notre mental qui regarde avec ses croyances et repères actuels. Il veut le beurre, l'argent du beurre et aussi se rincer l'oeil sur le corps parfaitement épilé et sans bourrelets de la crémière !




La peur du manque et du changement, le besoin de contrôler et nos conditionnements, sont à regarder droit dans les yeux pour éviter de partir en victimite aigüe. Lucie Carrasco, en fauteuil roulant pour amyotrophie spinale, est partie aux USA, Japon et Brésil, parfois dans des zones où le fauteuil ne passait pas. M'enfin, je peux te trouver des tas d'exemples mais si ton mental est tourné vers les problèmes et empêchements, tu trouveras toujours une raison de ne pas faire. Ca m'arrive parfois encore, comme une alarme qui indique là où j'ai à mettre plus d'ouverture. On comprend facilement qu'oser se lancer, c'est déjà enclencher un processus de nettoyage de ses croyances, c'est vivre l'hormèse donc un pas vers la guérison.


J'ai appris aussi que c'est le chemin donc le voyage qui compte et la manière dont on le vit. Comme quand j'ai vidé ma maison pour vivre dans un véhicule presque aussi vieux que moi, sans eau chaude, sans toilettes, sans frigo et sans salle de bain. Et c'est dans ces conditions où j'ai débuté ma revitalisation : à base d'alimentation crue, purges, jeûnes et lavement rectal sur le bord de la toute petite banquette du coin cuisine.




Si j'avais dû attendre un environnement estimé facile et favorable, je serai toujours sur le banc de touche. La clef ?


Accepter ce qui est, jouir de ce qui vient avec le max de légèretés (parce que la lourdeur ne sert qu'à charger ton sac à dos) et utiliser les difficultés comme tremplin.

Comme dans les moments où je n'avais accès qu'à une douche bien froide à la plage : au lieu de stresser à l'idée d'avoir froid, de pester, j'y allais puis je me mettais à chanter (dans la tête hein). Je prenais même du plaisir et je remarquais que j'étais davantage en forme et pêchue ! Le buffet à volonté gratuit, encore une fois !


J'ai alors traversé plusieurs pays, des plages de sable blanc au désert, en passant par les volcans d'îles. Je manifestais dehors, le chemin a parcourir dedans et que je pratiquais en même temps : oser franchir les frontières que je me mettais. Comprendre par l'expérience, que je peux vivre d'autres climats intérieurs, d'autres paysages que ces habitudes limitantes, découvrir de nouveaux horizons en moi et kiffer mes couchers de soleil intérieurs.



Guérir, c'est se permettre de recevoir ce dont on a besoin. Cela implique d'apprendre à se connaître, soi, ses besoins, ceux du corps physique. Cela passe alors par un rééquilibrage alimentaire qui est déjà un autre pas vers la guérison quand on voit les conditionnements alimentaires. Le besoin en sommeil, en relations nourrissantes et dans l'énergie de la co-création aussi puis tout ce qui met en joie et parle à ton âme.


Tout est là, à portée. Comme cette fin d'après-midi, où je me promenais à l'entrée d'un désert, dans une zone où je n'avais jamais posé les pieds. Je disais à ma fille que, dans quelques jours, elle allait bientôt retrouver Abdallah, un ami à elle. Et quelques secondes après, qui voit-on pointer devant une maison ? Ce cher Abdallah ! Un moment à jouer ensemble et nous voici tous invités à boire le thé. Il allait faire nuit, j'avais beaucoup de travail au jardin avant le coucher du soleil, je ne bois pas de thé, je commençais à avoir faim, je me sentais un peu gênée de prime abord ne parlant pas très bien la langue du pays alors que cette famille ne parlait pas du tout français.


Je t'aurais trouvé d'autres raisons qui faisaient que je devais rentrer, pas de soucis ! Si j'avais écouté mes fermetures, j'aurais gentiment décliné l'invitation, rentrant dans l'espace confortable de ma maison. Mais j'ai dépassé cette envie d'être rassurée. J'y suis allée et j'ai passé une soirée que je n'oublierai jamais. Des échanges d'une bienveillance extraordinaire, du soin, une spontanéité enfantine quel que soit notre âge, une authenticité pure et simple, sans masque, du respect, des cadeaux matériels et de présence douce. Puis, un moment incroyable de partage avec la grand-mère qui m'a embrassée comme jamais on ne m'a embrassée : avec une bienveillance, une présence, une intention du don de soi hors du commun.




On peut t'embrasser en larguant sur toi des émotions de tristesse, on peut t'embrasser machinalement comme un robot, on peut t'embrasser en prenant ton énergie et on peut t'embrasser avec une intention puissante et non invasive de te donner qui ébranle ton âme.

J'en suis transformée depuis. Zara, cette Amma du désert, comme un cadeau d'avoir osé dépasser les tentatives de rester dans ma zone de confort. A l'instant, en checkant un message sur facebook, je tombe sur une citation "Les chemins difficiles mènent toujours à des destinations magnifiques". Voilà. Et, s'ils étaient vécus comme difficiles parce qu'on ne lâche pas prise, au fond ? Et c'est ce lâcher de contrôle que nous apprennent les voyages quand on se met en mode non pas conquérant mais découvreur de soi à travers l'autre. Du moment où tu vas hors de toi, de "ta maison", dans cette intention de découvrir, ne serais-tu pas sur ce chemin de guérison ? Et ça peut commencer à 10 mètres de chez toi. C'est ce que j'ai vécu, il y a longtemps maintenant, quand je sortais de mon appart' pour aller m'asseoir au sol avec un homme sans domicile. Le voyage vers toi et l'autre et en toi à travers l'autre n'attend que toi : buffet à volonté gratuit !

Nayana K.

Article écrit par Nayana Kunjara, thérapeute passionnée par la conscience de soi - apprendre à se co(n)naître et à être - , sa vie riche en expériences transformatrices et sa connexion à son intuition profonde l'ont guidée .Voyageuse, amoureuse de phytothérapie et d'astrologie, son chemin la mène maintenant à éclairer celui des autres. Elle également rédactrice chez Juste Naturo !


Son facebook : https://www.facebook.com/Rêve-aile-toi-243345709408784/

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