Lavement du côlon : bienfaits pour l’élimination et précautions essentielles
- 2 mars
- 4 min de lecture

Le lavement du côlon est une pratique ancienne consistant à introduire de l’eau par voie rectale afin de stimuler mécaniquement l’évacuation intestinale. Utilisé depuis l’Antiquité dans différentes traditions médicales, il s’inscrit aujourd’hui à la croisée des approches hygiénistes et du regard médical moderne.
On en retrouve les traces depuis l'ancienne Égypte. Il en est fait mention dans le Papyrus Ebers (vers 1500 avant notre ère), l'un des plus anciens traités médicaux connus à ce jour. Pline l'Ancien (Ier siècle de notre ère) en parle également dans son oeuvre monumentale Histoire naturelle. Plus tôt, Hérodote, qui voyage au 5e siècle avant notre ère jusqu'en Egypte, décrit les pratiques de purification des Égyptiens, incluant purges, lavements et jeûnes.
À titre personnel, je pratique à la maison depuis une dizaine d'années maintenant. C'est une technique que j'ai apprise au cours de mes 4 années d'études en école de naturopathie, et qui s'intègre dans le champ plus large de ce que les hygiénistes appellent l'hydrothérapie en interne.
À ne pas confondre :
Le lavement du côlon (max 2 à 3 litres), qui peut être réalisé à domicile à l’aide d’un bock à lavement, de l’hydrothérapie du côlon, en institut, qui repose sur un système fermé avec arrivée et évacuation simultanées de l’eau, permettant un travail plus progressif et profond.
Exemple bock à lavement :

Les bienfaits selon la tradition hygiéniste
Le lavement du côlon est un outil ancien, historiquement utilisé dans une logique d’élimination. Son intérêt médical est aujourd’hui limité à certaines indications précises. Son usage hygiéniste repose davantage sur une tradition empirique que sur des preuves scientifiques robustes. Dans l’approche hygiéniste (XIXe–XXe siècle), le lavement est perçu comme un outil d’aide à l’élimination.
Bénéfices avancés par l'hygiénisme :
soutien de l’élimination intestinale,
soulagement de la constipation ponctuelle : article,
réduction de la sensation de ballonnement,
diminution des maux de tête dits “toxémiques”,
sensation de clarté mentale,
soutien lors de crises aiguës (fièvre, infection, surcharge digestive)
L’idée centrale hygiéniste :
éviter la stagnation fécale,
limiter l’auto-intoxication (concept historique aujourd’hui débattu),
nettoyer le colon
Dans cette vision, le lavement est considéré comme une intervention essentiellement mécanique et locale, sans action systémique directe, mais susceptible d’avoir un effet indirect sur la santé globale via la réduction de la charge intestinale.
Cette attention portée au rôle central de l’intestin dans l’équilibre global de l’organisme se retrouve, sous d’autres formes, chez certains médecins comme Jean Seignalet qui souligne l’importance de la barrière intestinale et des interactions entre alimentation, perméabilité digestive et inflammation chronique. Ce qui est intéressant, au-delà des écoles de pensée, est de rappeler qu’un système d’élimination digestive fonctionnel, qu’il le soit naturellement ou ponctuellement soutenu, participe au maintien de l’équilibre du corps.
Nous ne pouvons pas être en bonne santé, si nous n'éliminons pas quotidiennement nos selles issues de nos digestions.
Ce que dit la médecine moderne

Le lavement (enema) est validé en médecine pour :
constipation sévère ou fécalome,
préparation coloscopie,
administration de médicaments rectaux,
encéphalopathie hépatique (lavement au lactulose)
Il agit mécaniquement : → distension rectale→ stimulation du péristaltisme→ évacuation.
Risques documentés
Déséquilibres électrolytiques (si répétition +++)
Irritation ou lésion rectale (à utiliser avec précaution et sous les conseils de votre naturopathe)
Perturbation du microbiote (si usage fréquent +++)
Dépendance fonctionnelle possible (si usage quotidien)
Rarement : perforation
Mon avis sur le lavement du côlon
Je le conseille surtout juste après une purge à l'huile de ricin (article), si besoin, pour évacuer des matières qui ont pu être mises en mouvement par la cure et qui n'ont pas été éliminées (plaque mucoïde, par exemple : article), ou avant un jeûne de plus de 3 jours (article) pour faciliter la cétose et qu'il n'y ait pas trop de symptômes. Je peux également conseiller les lavements du côlon aux hygiénistes qui ont de la fièvre ou une inflammation aiguë ORL, ou à la suite d'une cure antiparasitaire.
À mon sens, c'est une technique d'appoint, plutôt agréable, qui est plutôt facile à pratiquer. On n'est pas sur le niveau d'élimination des purges intestinales (article), car ici la zone d'action reste le côlon, mais c'est un outil complémentaire qui peut être très efficace.
De manière générale, il n'est pas bon de ne pas aller à la selle tous les jours et je préfère qu'une personne fasse un lavement du côlon, même de 1,5 - 2,5 litre, 2 fois par semaine, que de prendre des laxatifs chimiques quotidiennement.
Mise en pratique
Principe :
L’eau introduite dans le rectum provoque :
une distension locale
une stimulation du réflexe d’évacuation
un déclenchement du péristaltisme
Matériel :
Poche ou kit à lavement (type bock)
Canule rectale adaptée
Eau potable tiède (≈ 37°C) : eau filtrée ou de source (mont roucous)
Lubrifiant neutre : huile de coco, l'odeur est cool
Volume et fréquence :
Volume modéré (généralement 500 ml à 2,5 L selon tolérance)
Usage ponctuel uniquement
Pas d’utilisation chronique ou répétée sans avis médical

Article écrit par Adrien Ruet, praticien naturopathe, formateur et fondateur du site.
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