La maigreur chez la femme, un sujet tabou ?

Mis à jour : janv 14





Avant d’entrer dans le vif du sujet, entendons-nous sur la définition de « maigreur ». Lorsqu’on pense à une personne maigre, on a la vision d’un corps décharné, un corps où il ne reste plus que la peau sur les os.


Or, « être maigre » c’est le contraire « d’être gras ». Et personne ne veut être gras ! L’un et l’autre s’estiment par le taux de masse grasse indépendamment de la masse musculaire. De ce fait, on peut être « maigre » et musclé !

Bien que cette remarque est à prendre en considération, nous allons rester dans la pensée commune qui distingue minceur - personne mince mais bien portante - et maigreur au sens de « décharné », qui évoque davantage une mauvaise santé.


La ligne entre minceur et maigreur n’est pas toujours très bien démarquée. Aussi, nous pouvons nous demander quels sont les critères qui permettent de juger si une personne est mince ou maigre.

Ce jugement est souvent hâtif et établi selon les critères propres à l’observateur. En effet, chacun a sa vision de la minceur selon sa culture, son héritage familial, son parcours en matière de poids et de santé et de croyances personnelles.


Bien sûr, il existe des calculs pour établir son poids de forme mais ceux-ci présentent de nombreuses lacunes. J’en parle dans mon article « Déterminer son poids idéal sans calculer son IMC ».

Dans le cadre de cet article, nous allons prendre en compte un large spectre que je vais nommer « les femmes minces à tendance maigre ».


Une perception différente de la maigreur chez l’homme et chez la femme


Avant qu’on ne me juge de sexiste, il me faut expliquer le choix de porter mon attention sur les problèmes que rencontrent les femmes en sous-poids alors que de nombreux hommes souffrent tout autant de l’état de maigreur.

La raison est simple : la maigreur chez l’homme n’est pas perçue de la même manière que la maigreur chez la femme. Ça vous laisse perplexe ? Voyons cela de plus près !

La maigreur chez l’homme :

L’homme est soumis à l’archétype du mâle dominant qui se doit être fort et musclé. L’état de maigreur va à l’encontre de sa vision de la virilité. On peut donc comprendre les souffrances psychiques qui en découlent. Un homme qui souffre de sa maigreur aura une image de lui négative et n’attirera nullement la jalousie de ces compères.


Cependant, malgré les difficultés rencontrées, la maigreur chez l’homme n’est pas un sujet tabou !


Pour preuve, il suffit de taper « prise de masse » sur internet et vous trouverez des centaines de sites et de chaines YouTube d’aide et de conseils à la prise de poids et de muscles… pour les hommes ! Faites ensuite un tour dans les images et vous constaterez une grande majorité d’hommes.




La prise de masse est donc communément réservée aux hommes.

Vous avez certainement déjà vu des publicités pour des régimes ou des programmes sportifs mettant en avant ce grand classique : prise de masse pour les hommes et perte de poids pour les femmes !

Ce qui nous amène à la problématique de la maigreur chez la femme.

La maigreur chez la femme :

À l’opposé de l’homme, la minceur a tendance maigre chez la femme n’est pas perçue comme une faiblesse. Bien au contraire, c’est l’effet recherché pour être à l’image de la femme parfaite selon des critères véhiculée par les magazines de mode, les publicités, les médias et entretenue par les lobbys.




Par conséquent, il est commun de penser que la femme naturellement mince à tendance maigre n’a aucune raison valable de souffrir de son état. À l’inverse de l’homme maigre, elle suscitera envie et jalousie.

Tapez « prendre du poids chez la femme » sur internet et vous ne trouverez aucun site qui est  lui entièrement destiné. Le peu d’informations que l’on trouve restent des conseils basiques, la plupart incomplets, soit erronés.

Si j’ai choisi de me focaliser sur la problématique de la maigreur chez la femme, c’est d’une part, parce que je suis moi-même une femme et il m’est donc plus facile de parler de ce que je connais et vis au quotidien. Et d’autres, pour casser les préjugés dont les femmes trop minces sont quotidiennement victimes et leur apporter davantage de considération. Bien sûr, les hommes sont les bienvenues. Les conseils physiologiques que je transmets sont utiles à tous. Car au final, femmes et hommes sont constitués de la même manière, à quelques différences hormonales près !

Les préjugés et le regard de l’autre

J’ai pris conscience du regard de l’autre sur moi lorsque j’ai commencé à entendre des remarques désobligeantes à l’adolescence.


Je ne faisais pas partie de ces adolescentes qui prêtent particulièrement attention à leur physique et au physique des autres. Alors lorsque j’ai entendu les premières remarques sur mon physique saupoudrées d’une pointe de jalousie, j’ai commencé à complexer et même à culpabiliser…

D’autant que je n’étais pas une fille qui aimait se faire remarquer ni avoir tous les regards sur moi. Je n’avais pas choisi d’être grande (1m79) et mince. Et ce qui aurait pu être un atout est devenu un boulet.

Mais le pire est venu quelques années plus tard, lorsque j’ai pris conscience que mes problèmes de santé de l’époque (allergies, indigestions, maux de tête à répétition) pouvaient être en lien avec l’alimentation industrielle que j’avais. (Et oui, j’étais mince malgré une alimentation totalement dénaturée, ce qui en faisait rêver plus d’une !).




À la suite de mes problèmes de santé, je me suis tournée vers une alimentation beaucoup plus physiologique pour des raisons de santé, mais aussi éthiques et écologiques.


À mon sens, est qualifiée d’alimentation physiologique :


une alimentation avec le plus possible de produits non transformés, de bonne qualité, si possible en circuits courts, adaptés au métabolisme de l’humain.

Ceci comprend autant le sucre que les graisses mais sous des formes assimilables pour l’humain. En aucun cas je ne parle de régimes ou de restriction…


Malgré cela, les préjugés se sont amplifiés. Non seulement j’étais aux yeux des autres de part ma minceur quelqu’un qui faisait attention à sa ligne mais en plus j’étais devenue orthorexique (volonté obsessionnelle d’ingérer des aliments sains et rejet systématique des aliments perçus comme malsains) !

Pour illustrer mes propos, voici quelques anecdotes tirées de mes expériences personnelles.

La boite de chocolats bon marché :

" Tu peux bien te permettre de faire un écart pour une fois… c’est pas un chocolat qui va te faire grossir !" 

Dans ma tête : Des chocolats à 10% de cacao ? Désolée, mais c’est pas du chocolat ça ! C’est du sucre aromatisé au cacao ! Beurk… J’adore le chocolat… le vrai, le bon, avec 70% de cacao au minimum… Ah si seulement le chocolat m’aidait à prendre du poids…

Le Fast-Food

" Ok, la bouffe du MacDo c’est bourré de cochonneries… tout le monde le sait mais c’est tellement bon ! Si tu en manges une fois de temps en temps ça ne peut pas faire de de mal ! Faut savoir se faire plaisir ! "

Dans ma tête : Hum hum… Suis-je la seule à ne pas prendre plaisir à manger dans ce genre d’endroit ? Plus vulgairement, suis-je la seule à trouver cela dégueulasse ?!!! Ah je n’ai rien contre un bon burger (végétarien) de temps en temps avec son fromage qui dégouline… mais le plaisir est d’autant plus intense lorsqu’il est réalisé avec des produits frais de qualité par un humain qui met tout son coeur et son savoir faire à l’ouvrage, non ?

C’est light !

" T’inquiète pas, je t’ai préparé un repas léger, je n’ai pas mis de graisse ! " 

Dans ma tête : Dois-je encore lui rappeler que je ne suis pas au régime et que j’adoooore l’huile d’olive, l’huile de coco, le beurre, les noix…

Au marché :

Mademoiselle, une tranche de saucisson ? Non vraiment ? Ah Mademoiselle fait attention à sa ligne !

Dans ma tête : Non, Mademoiselle est végétarienne…


Bien sûr, que nous soyons gros, mince, maigre, blanc, noir, jaune… nous sommes tous victimes de préjugés. Après tout, c’est normal, nous ne pouvons pas nous mettre à la place de chaque individu que l’on rencontre et comprendre intuitivement ce qu’il vit ou ressent. Il faut savoir en rire ou soit passer au dessus même si cela peut s’avérer être parfois vexant.


Quoiqu’on dise, quoiqu’on fasse, nous y serons toujours confrontés.

Entre nous, je prends parfois un malin plaisir à manger quelque chose de consistant ou qui sort de mes habitudes devant les autres, rien que pour faire taire les préjugés et m’entendre dire « et ben, elle a bon appétit ! ».

Mais s’il y a quelque chose que j’ai du mal à accepter, c’est l’incapacité de la plupart des personnes à concevoir que les maigres ont également leur lot de problèmes.

Les problématiques liées à la maigreur

Il faut bien comprendre que les femmes naturellement minces à tendance maigre n’ont pas choisi de l’être, contrairement à une femme qui se met volontairement au régime pour être mince que ce soit pour se sentir bien dans son corps ou pour entrer dans le moule et obéir aux diktats de la minceur.

Vous allez me dire « Si tu ne te sens pas bien telle que tu es, mange plus et tu grossiras !»

C’est sans oublier que prendre du poids pour une personne de constitution maigre sera beaucoup plus difficile que de perdre du poids pour une personne en surpoids !

Le but ici n’étant pas de faire un concours de celle qui souffre le plus. Ce serait totalement puéril et peu constructif. C’est aussi une question d’état d’esprit et d’acceptation de soi, on est bien d’accord !

L’objectif est de faire admettre qu’il est possible et entièrement légitime de mal vivre sa minceur, tout autant que son surpoids et que derrière celle-ci, peuvent se cacher de réelles problématiques de la plus bénigne à la plus grave qui ne doivent pas être classées au rang des « caprices ».

Les problèmes de santé :

Lorsqu’on ne va pas chercher plus loin que le bout de son nez, on a tendance à faire ce genre de raccourci : minceur égale bonne santé, ou encore maigreur égale anorexie… De de ce fait, il est difficile d’imaginer qu’une personne mince puisse avoir des problèmes de santé réservés habituellement aux personnes en surpoids (diabète, cholestérol, etc.).


Car non, être mince ne nous protège pas de la maladie et ne nous permet pas systématiquement de manger tout ce que l’on veut ! Mais être mince ne veut pas dire non plus être anorexique !

Vers l’âge de 12 ans, j’ai vécu une longue période où je ne pouvais plus manger le moindre sucre ou graisse sans ressentir des symptômes d’indigestion. J’ai passé une année entière avec un mal de tête constant lié à un foie surchargé, extrêmement saturé…

Comme j’étais mince et ne mangeais pas plus que de raison hormis du sucre, il était inimaginable aux yeux des non avertis que cela puisse être liée à l’alimentation ! Tout est rentré dans l’ordre en chouchoutant mon foie à l’aide de plantes et en diminuant ma consommation de sucre.


Le stress :



Il est communément admis que le stress fait manger et grossir. Or, nous ne sommes pas tous égaux face aux mécanismes du stress. Chez un certain type d’individu, le stress est à l’origine de la maigreur, et ce, indépendamment de la ration calorique quotidienne ingérée. C’est-à-dire que la personne pourra manger n’importe quoi sans prendre un seul gramme. Ce qui n’exclut pas l’impact négatif sur son système digestif…

Le stress bloque nos capacités à digérer pouvant entrainer un manque d’appétit, ou des difficultés de digestion obligeant la personne concernée a diminuer sa ration alimentaire contre son grès.

Une personne maigre peut donc être une personne qui souffre d’un système digestif profondément saturé, surchargé et de fatigue chronique avec un système endocrinien au ras des pâquerettes !

Les vêtements :

Combien de fois ai-je entendu « Avec ta taille mannequin, tu peux tout porter ! » Oh si seulement c’était vrai… Mais c’est sans oublier que les mannequins des magazines portent des vêtements faits sur mesure…


Certaines femmes maigres de petits gabarits n’ont pas d’autres choix que de s’habiller au rayon enfant. Autant dire qu’une fois retirés les vêtements rose, à paillettes ou à tête de licorne, le choix est sans doute restreint.

D’autres, dont je fais partie, arboreront une taille au dessus de la norme où il sera très difficile de concilier un XS en largeur avec un XXL en longueur ! Trop court ou trop large, à toi de choisir !

Nul n’imagine à quel point j’ai senti une immense injustice et frustration durant des années à ne pas pouvoir porter des vêtements de mon choix, achetés dans n’importe quel magasin classique et qui me mettraient en valeur. Ne serait-ce qu’un pantalon qui ne donne pas l’impression que je vais aux fraises ou un manteau d’hiver qui recouvre mes poignées…

Ce mal être dans mes vêtements a fait que j’ai développé une phobie du shopping !

Les complexes :

Parler de ses complexes lorsqu’on est mince peut être perçus comme de la provocation ou un caprice, notamment face à une personne en surpoids. Le risque est de se sentir gênée et au final de tout garder pour soi… Nous n’avons pas à nous plaindre puisque que la minceur est un critère de beauté !

Mais, sommes-nous obligés d’adhérer à ce dogme ? Non. Il est tout à fait légitime de ne pas se trouver jolie avec des os saillants.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas apprendre à s’accepter telle qu’on est, c’est même le premier pas à faire pour arriver à prendre soin de soi. Cependant, nous avons autant de raisons valables que les personnes en surpoids à ne pas nous trouver jolie et pour certaines, de ne pas se sentir suffisamment « femme ».


Douleurs physiques et inconforts :

Il faut reconnaitre que la femme mince a l’avantage de se sentir légère et de ne pas être entravée dans ses mouvements par un excès de poids.

Pour autant, être trop mince n’est pas super confortable. D’abord il y a peur de se cogner, de tomber et de se faire mal à cause du manque de chair qui protège les os… S’asseoir sur un support dur telle qu’une chaise peut-être vraiment douloureux.

La maigreur favorise ou accentue le manque d’ancrage qui nous fait nous sentir à côté de nos pompes. Cette déconnexion de la Terre peut provoquer une sensation désagréable de vulnérabilité.

La maigreur, une fatalité ?

Nous venons de le voir, il peut y avoir une multitude de causes à la maigreur. Mais heureusement pour chaque problème, il y a une solution !

Une solution autre que le fameux « mange plus » que sort toute personne ignorante de la physiologie humaine. Bien sûr, le manque d’apport calorique peut-être un facteur de sous-poids. Mais dès lors que la personne n’est pas en anorexie mentale, qu’elle ne se restreint pas de ma manière volontaire, il faut revenir en amont et comprendre qu’est-ce qu’il fait qu’elle n’arrive pas à augmenter sa ration calorique quotidienne.

Dans le cas où la personne a très bon appétit, il faut se pencher sur son métabolisme, ses capacités digestives et d’assimilation.

Enfin, il serait erroné de promettre qu’une femme de constitution maigre puisse devenir un jour naturellement pulpeuse ! La génétique a elle aussi son mot à dire !

Et oui, il semble qu’à la naissance, on nous est attribué un « morphotype » qui va déterminer tout au long de notre vie la plupart de nos caractéristiques.

Ces morphotypes sont au nombres de trois :

L’ectomorphe : la grande maigrichonne qui aura de la difficulté à prendre du poids

L’endomorphe : celle qui accumule facilement la graisse, plutôt courte et trapue

Le mésomorphe : la plus chanceuse des trois, qui prend facilement du muscle sans prendre trop de graisse !

Bien que notre morphotype reste notre constitution première, il ne faut pas le voir comme une fatalité. Au contraire, le connaitre permet de mieux comprendre les challenges qui nous attendent et d’adopter une alimentation et un entretien physique adéquats. Car entre trop maigre et pulpeuse, il y a de la marge !

L’approche hygiéniste dans le respect de notre constitution et de nos besoins physiologiques est la meilleure solution pour prendre du poids sainement et durablement et nous rapprocher de notre propre physique idéal.

Entendons par là, un physique qui nous permet de jouir d’une grande vitalité pour réaliser du mieux que nous le pouvons la mission que nous sommes venus accomplir sur Terre !


Note du directeur de publication : Bien sûr l'alimentation reste le pilier de base afin de donner l'opportunité à l'organisme de se nourrir et de se construire positivement au travers d'outils et de matériaux de qualité qui nourrissent vraiment les cellules, les muscles, les organes et les liquides du corps. Néanmoins, je constate par l'expérience que la priorité va être de mettre au repos le corps. Un organisme maigre est très souvent un organisme épuisé, et il va falloir donc valoriser les temps de repos en terme de qualité afin de  soutenir le système neuro-glandulaire. Le soir avec le sommeil, mais également en terme de physiologie et de métabolisme avec le repos du mental (clef de voûte) qui est à chercher pour les maigres qui cogitent trop, avec la méditation, le sport, le contact avec la nature... ou encore le yoga. Ici on cherche à dépolariser les  énergies bloquées dans le mental afin de les faire redescendre dans le corps.  Ensuite, c'est le repos digestif qui va primer, car si l'on est maigre, c'est que l'on assimile pas ! Ne pas moins manger lors de ses repas, mais prendre des temps de jeûnes (intermittents ou de quelques jours), va permettre au digestif de se nettoyer, de désenflammer, de guérir et de maximiser sa capacité de digestion en renforçant l'assimilation. C'est une technique fondamentale quand on est maigre, même si cela sort totalement des gestes de la compréhension de notre société qui dit que l'on doit manger beaucoup pour grossir. À ce titre, le naturopathe et docteur en physique quantique Thibault Cremel a montré par sa propre expérience que le jeûne est intéressant pour grossir. Il a pris plus de 10 kilos en un an en jeûnant sec 23h00/j, tous les jours.

Article écrit par Angélique, rédactrice chez Juste naturo et auteure du blog Toutes en formes. Porte-parole des maigrichonnes en quête de kilos, elle aide les femmes à atteindre leur poids de forme de manière saine et durable, en respectant les besoins physiologiques de leurs corps.


Son site : https://toutesenformes.com

Son instagram : https://www.instagram.com/toutes.en.formes/

Son facebook : https://www.facebook.com/angelique.de.toutes.en.formes/

Témoignages de consultation

( + de 80 à retrouver sur la page Facebook )

&

Suivez le feed sur instagram @juste_naturo

  • Noir Facebook Icône
  • Noir Icône Instagram
  • Noir Icône YouTube